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20/08/2008

Mes questions qui subsistent après la lecture  du livre :

Vous dites qu’il faut assumer les conséquences de ses actes, qu’il ne faut laisser passer les « violations des

engagements » sans agir (p. 65) Que proposez-vous comme « conséquences » pour assumer ses actes ?

Autrement dit, que fait-on lorsqu’un enfant ne respecte pas la règle, l’exigence ? (Même quand celle-ci a été expliquée

clairement, est sensée, et aide la relation du groupe.)

Exemple :

1) Le groupe a besoin de calme ou de silence pour travailler. Un enfant ne respecte pas ce calme (malgré plusieurs

rappels). Que proposez-vous ?

2) Durant un échange collectif, un enfant bavarde et n’écoute pas les autres, il perturbe la communication. Que

proposez-vous comme conséquence ?

3) Un enfant a frappé un autre parce qu’il s’était moqué de lui. Que proposez-vous ?

 

Réponse de monsieur Jean-Philippe Faure :

Cher Monsieur,

Je vous remercie pour l'intérêt que vous avez pris pour mon petit livre.
J'apprécie votre ouverture envers une pratique éducative que je crois encore
très inhabituelle.

Vous me posez quelques questions. Aussi, je me permets de vous préciser ma
vision (la collection "Pratiques" me donnait droit à 90.000 signes au
maximum et j'ai dû peser chaque phrase, pour ne pas déborder. Beaucoup de
points auraient gagnés à être développés).

Pour moi, l'exigence est déjà un affaiblissement du rapport entre jeunes et
adultes, puisqu'elle montre des éléments où le sens ou la confiance est
insuffisant. Dans la pratique, je n'ai pas de problème à l'employer, mais je
vis chaque exigence comme un signal d'alarme qu'il y a quelque chose à
restaurer dans ma relation avec celui à qui je la pose.

Je ne me retrouve pas dans votre vision des conséquences d'un acte. Pour
moi, si un enfant a cassé un objet, la conséquence n'est pas qu'il va devoir
le réparer (il s'agit-là de la réaction usuelle de l'adulte). Ce que je
cherche est la conséquence naturelle. Par exemple, si l'enfant a cassé un
jouet d'un camarade, la conséquence naturelle est que son camarade a perdu
un objet et en est fâché. J'essaie alors de trouver un ligne d'action à
partir de la réalité des faits (l'objet cassé) et de la vérité intérieure
des protagonistes (la colère du possesseur de l'objet, la confusion de celui
qui a commis l'acte et mon indignation). Je vais tenter d'amener à des
prises de conscience à partir des émotions en présence. Le plus souvent,
bien sûr, l'enfant va réparer les conséquences de son acte, mais cela va
venir de lui, ou ce son écoute de la douleur de celui qui a souffert de son
acte, et pas de mon idéologie.

Il m'est fondamental de ne pas agir à partir de mes préjugés idéologiques.
Dans le moment de l'action, je cherche à être vide de savoir pour trouver
l'acte le plus approprié, en suivant l'intelligence des émotions et des
besoins en présence. J'ai beaucoup plus confiance dans cette intelligence du
ressenti que dans mon intellect.

Pour les trois exemples que vous posez à la fin de votre résumé, j'essaierai
de suivre ces lignes directrices. Ma réponse est donc, que je ne sais pas
comment je réagirai, mais que c'est cette absence de savoir qui va me donner
des moyens supplémentaires d'action. Par contre, je serai très attentif à
mes mouvements intérieurs dans chacune de ces situations et je partirai
d'eux.

J'espère que ce peu d'éléments ne sera pas trop frustrant pour vous. Je vous
laisse les confronter à votre pratique.

Avec mes meilleures pensées.

Jean-Philippe Faure
17, rue Hanzée
1495 Tilly (Belgique)
téléphone: 00 32 (0)71 81 08 06
site Internet: www.voie-de-l-ecoute.com

Ma réponse et les questions qui subsistent :

Monsieur Faure,

Je vous remercie beaucoup pour votre réponse et pour le temps que vous avez consacré à celle-ci.

Vous dites qu'il faut amener à prendre conscience de "l'objet perdu" et du "sentiment de colère ou de tristesse".
Et si la personne reste de "marbre", sans émotion, face à ces deux conséquences naturelles ?
Que feriez-vous ?

Que faites-vous lorsque la personne qui a "blessé" l'autre n'éprouve aucun regret, aucun besoin de "réparer la blessure" de l'autre, et dans certains cas, une certaine satisfaction de son acte délictueux ?


Faut-il bannir tout "exigence de réparation de l'acte" ?
Ou recommenderiez-vous néanmoins une consigne du genre :
"Maintenant que tu as commis cet acte qui est interdit, qui n'est pas acceptable, trouve une manière de réparer celui-ci" en laissant la liberté de la réparation ?"


En espérant ne pas vous ennuyer avec mes questions.

Bruno Dobbelstein

12/09/2008

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