Dobbelstein Bruno 26 février 2003
« Cessez
d’être gentils, soyez vrais ! »
Synthèse personnelle de la conférence de
monsieur Ansembourg du 25 février 2003 à Ciney
Nous avons
été habitués à être gentils en façade en ignorant nos sentiments.
L’écrasement
de ses sentiments, la frustration accumulée à cause de cela, entraine une
violence beaucoup plus importante vers soi-même ou vers l’autre par la suite.
Beaucoup d’adultes prononcent involontairement
ceci :
« Tu serais gentil si tu rangeais
ta chambre, si tu avais de beaux points, si tu allais au magasin,… »
ß
L’enfant comprend ceci :
« Je t’aime si tu ranges ta chambre, si tu
as de beaux points, si tu vas au magasin,… »
ß
Conséquences pour l’enfant :
« Je me conforme à vos
attentes. » (il s’agit d’un conditionnement.)
Conséquences, pièges de
cette conformité :
1) Pas de
sécurité affective, pas de confiance en soi
L’enfant a
besoin, est « accro » du regard de l’autre pour avoir une
sécurité affective.
« Que
va-t-on dire de moi ? »
2)
Difficulté à accepter nos différences et celles des autres.
Le
développement de la personnalité est stoppé.
La liberté de dire son opinion est menacée.
Þ Peur de dire ce que l’on pense Þ Il faut se conformer aux autres pour rester en
paix, ne pas avoir de conflits. Þ Ignorance de sa personnalité, de son
originalité Þ On reproduit la même chose.
Lorsqu’il y
a un conflit, on argumente car on n’accepte pas la différence et on veut
rétablir l’unanimité.
3)
Difficulté à dire non, de manière respectueuse et bienveillante.
Exemple :
Au lieu d’accepter à contre cœur, par peur de vexer, il faut oser dire
« Oui, merci pour votre invitation.
Ce serait un plaisir un autre week-end mais ce week-end, je suis
vraiment fatigué et j’ai besoin de repos. » Sinon on risque de les trouver « pompant » et de
devenir méchants.
Il faut
oser mettre ses limites pour pouvoir respirer.
4)
Difficulté à être plutôt qu’à faire.
On fait, on
est actif plutôt qu’être dans ce que je fais.
Il faut
être là, être à l’écoute plutôt qu’être actif sans être.
5)
Difficulté à vivre les sentiments
Vivre les
sentiments qui nous habitent pour reconnaitre nos besoins et se renseigner et
dire ce que je dois faire. Être
disponible pour nous et pour l’autre.
La colère
est un indice de vitalité et sentiment utile pour changer, pour répondre à ses
besoins.
Elle ne doit
pas être étouffée, ignorée mais être maitrisée.
6)
Difficulté à s’écouter (soi-même) et à écouter les autres.
Il est
préférable d’écouter plutôt qu’argumenter, de conseiller.
Comment s’en
sortir ? Quels sont les
remèdes ?
Il ne faut
pas éviter ses frustrations, les écraser pour être gentil. Il faut apprendre à vivre les frustrations.
Voici donc
les 5 étapes pour remédier aux frustrations :
a)
Nommer
le sentiment (je
suis triste, en colère, nerveux,…)
b)
Nommer
le besoin qui en
découle (j’ai besoin d’écoute, de parler,…)
c)
Formuler
le besoin, la demande (à la personne concernée)
Si l’on
écrase ses frustrations, on emmagasine comme dans une cocotte-minute et l’on
risque d’exploser (rébellion) ou d’imploser (absentéisme, déprime, on se sent
perdu, sans repère).
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mental intelligence
sentiments
On nous a
appris à étouffer nos sentiments : « Arrête de pleurer, tu es un
grand. Sois sage. Ne sois pas triste, tu as plein de raisons
d’être heureux. »
Tous les
messages que nous recevons sont de type intellectuel et non sentimental.
Les
messages que je reçois me font ENCODER ceci : « Coupe-toi de tes
émotions. Ne fais pas ce que tu as au fond de toi mais fais ce que les autres
attendent de toi. »
Comment accueillir mes sentiments ?
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Le message
que l’on reçoit de la société est : « Il faut écouter les autres,
faire ce que les autres veulent. »
(Les lettres ci-dessous font référence aux 5
étapes pour remédier à ses frustrations.)
a-b) Je ne
peux pas aimer, écouter, voir l’autre si je ne m’aime pas, ne m’écoute pas, ne
me vois pas.
La peur d’être jugé, d’être critiqué Þ entraine la peur de s’ouvrir, de parler de ses sentiments. Þ Donc, je me colle dans la peau que l’autre voudrait que je sois.
c) Il faut
dire nos besoins à la personne plutôt que de se plaindre continuellement (à une
autre personne, non concernée par le problème).
Il faut
dire ses besoins plutôt que reprocher et dire ce que je ne veux pas..
e) Souvent, nous ne sommes pas prêts à ce que l’autre ne soit pas d’accord car il y a une lutte de pouvoir (obligation).
Il faudrait
intégrer les deux opinions, chercher un compromis pour rencontrer l’autre,
cohabiter avec l’autre plutôt qu’une lutte de pouvoir.
Nous avons
le rêve que l’autre pense et soit comme nous alors que l’on ne voit pas les
choses de la même façon.
1) Le
jugement, les étiquettes, la catégorie
2) Les
préjugés, les croyances.
Exemple :
On croit parfois déranger une personne, déplaire alors qu’on ne lui a même pas
demandé.
Il faut
essayer de lire les faits sans juger en posant des questions.
Et de son
côté, il faut se situer (ses besoins) sans juger.
3)
Pensée binaire, dualiste (opposition)
bien OU
mal ?
raison OU
tort ?
intellectuel
OU manuel ?
dominant OU
dominé ?
oui OU
non ?
La vie est
plus NUANCÉE, plus complexe.
C’est bien ET
mal. Tu as raison ET tort à la
fois. Oui ET non.
Chercher la
complémentarité.
Suis-je un
outil de paix ou de guerre ?
Pour être
avec l’autre, il ne faut pas se couper de soi.
Il faut
être avec soi ET avec l’autre.
Formuler
ses besoins, c’est maintenir la relation, c’est la nettoyer des frustrations,
des plaintes, des reproches, de l’hypocrisie, des arguments, de la lutte de
pouvoir.
On ne
communique plus dans cette société dite de communication. On déverse l’info mais on n’écoute plus, on
n’échange plus.
Être
avec l’autre sans cesser d’être avec soi-même.
Être
soi-même sans cesser d’être avec l’autre.
4)
Langage responsabilisant
« Il
faut…, tu dois…, tu devrais…, il est l’heure … »
On cherche
une source extérieure (programme, loi) pour instaurer le pouvoir, l’obligation.
Rendre l’homme
libre de faire des choix tout en acceptant les conséquences des
choix et les contraintes.
On a appris
à commenter la presse plutôt que de commenter soi-même.

Explication
du schéma :
On est tous
différents au niveau de la tête mais on est tous pareils au niveau des besoins,
du ventre.
Plutôt que
s’opposer intellectuellement, il faut se rencontrer, chercher un compromis car
l’autre a les mêmes besoins que moi.